Un environnement informatique développé dans le but de nous éclairer sur les origines de l’altruisme: c’est l’approche innovante utilisée par un groupe de recherche à SISSA à Trieste, en collaboration avec l’Université d’Udine. Cette nouvelle étude – récemment publiée dans la revue Neuropsychologia – a plongé les participants dans un environnement virtuel dans lequel un bâtiment en feu à été reproduit en 3D et dont ils devait évacuer à la hâte, en décidant de sauver leur vie ou d’interrompre leur fuite et aider à sauver une personne blessée .

Les résultats ont montré que les individus altruistes ont déclaré avoir une plus grande préoccupation pour le bien-être des autres et avaient un plus grand cortex insulaire intérieur droit (une région du cerveau impliqués dans le traitement des émotions sociales) par rapport aux non-altruistes. Ces résultats nous éclairent sur le rôle de la compassion dans la motivation du comportement d’aide et de ses corrélats cérébraux.

«Nos impulsions prosociales et altruistes jouent un rôle très important dans le maintien d’une structure sociétale complexe», a expliqué Giorgia Silani, chercheuse principale de cette recherche menée à SISSA et maintenant chercheuse à l’Université de Vienne. «Cependant, étudier l’altruisme et sa base neuronale en milieu laboratoire pose des défis éthiques uniques. En effet, il est difficile, sinon impossible, de reproduire les situations nuisibles de façon réaliste et ensuite d’étudier le comportement d’aide du participant, surtout si ces situations représentent une menace physique pour la vie du participant … ».

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Afin de surmonter ces difficultés, les chercheurs ont créé un environnement de réalité virtuelle contextuellement riche où les participants étaient complètement immergés.

[DOSSIER] Apprendre l altruisme grace a la realite virtuelle

Indrajeet Patil, ancien doctorant à la SISSA et auteur principal du document, et actuellement chercheur postdoctoral à l’Université de Harvard, a expliqué la nouveauté de la tâche: «Au cours de l’expérience, les participants ont été placés dans un bâtiment dont ils devaient s’échapper à cause d’un incendie soudain.L’environnement informatique a été caractérisé par des signaux audio-visuels intenses qui ont contribué à augmenter le réalisme expérimental de la situation d’une part, et le sentiment d’anxiété et de danger de l’autre. Beaucoup d’«énergie» ont été laissé sur place.» Jusqu’à la fin de l’évasion, alors qu’il ne restait plus que peu d’énergie – système qu’ils ont mis en place pour mesurer l’énergie dépensée pendant l’exercice – les participants devaient prendre une décision très difficile: sauver une blessée piégée sous un meuble lourd risquant leur propre vie, ou courir vers la sortie en ignorant les cris de l’individu ayant besoin d’aide.

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Quand les participants ont terminé leur tâche dans l’environnement virtuel, décrit par tous comme «très réaliste», ils ont subi un IRM pour aider à obtenir des informations sur les réactions du cerveau. En étudiant la structure cérébrale des participants, les scientifiques ont pu établir un lien entre leurs comportements et l’anatomie de certaines régions du système nerveux.

Apprendre l’altruisme grâce à la réalité virtuelle

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«Les résultats ont mis en évidence que la majorité des gens ont fait le choix altruiste: 65% se sont arrêté pour sauver la personne lésée malgré la menace (virtuelle) existante. En outre, les données révèle que les individus qui ont aidé la personne piégée ont eu des résultats indiquant un niveau d’empathie plus élevé» a souligné Indrajeet Patil . En ce qui concerne les données sur la structure du cerveau, les chercheurs ont constaté que les individus altruistes avaient un plus grand cortex insulaire intérieur droit comparée à celui de ceux qui ont choisi de s’échapper. «Le cortex insulaire est un domaine strictement lié au traitement de nos émotions sociales» a souligné Giorgia Silani.

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Cette recherche a ainsi permit de tester les corrélations neuro-structurales du comportement d’aide. Ce travail permet de générer diverses hypothèses intéressantes qui peuvent être étudiées dans des travaux futurs.

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